Luri, automne 2006, sous la houlette de l’indéboulonnable Paul Cesari, une fine équipe de bastringue s’était retrouvée dans une vieille maison du village de Luri, le studio Viapol. Objectif : Enregistrer la dizaine de chansons écrite, composée, jouée et chantée par Tonton.

2 mois (hectolitres de bière, centaines de clopes, tonnes de pâtes au pestu, etc.) plus tard, mission accomplie, l’album a été mixé sur place et masterisé au studio Masterdik Europe à Paris. Sobrement intitulé « Tonton », le chant est intime et la guitare sincère de maladresse…

« Deus ex machina » s’installe, la chanson des « peintres manchots avec leurs bouquets de mensonges » ruisselante du violon nonchalant de Laurent Barbolosi, suivie de « U ghjornu di l’unicorna », la maladroite agonie symbolique entre les feux aériens métalliques de Paul Cesari et le violoncelle plombé de Jean Louis Blaineau.
 

Une bonne vieille histoire de virée nocturne pathétique, « Caiorni », avec ses héros qui finissent par dormir dans la voiture précède le brumeux « Vulava », « Heures sombres sous les étoiles muettes, attendant les baisers des aurores dénudées ».

La rythmique au feeling de Mighé Dominici en « quartier libre » fait tourner l’ « Heliofubia » ; La ballade désabusée « U sognu d’Aladinu » titube au piano lancinant de Jean Charles Sempere avant de sombrer sous un harmonica déglingué « C’est seulement que cette vie sépare plus qu’elle unit… ».

Volontairement Gainsbourgienne , la chanson « L’ochji di Lucia » fait chuchoter à la voix lasse et lascive d’Olivia Cesari « Enlève ton manteau de pleurnichard-rebelle, les yeux de Lucie t’épient. », vient ensuite le sombre « Capitanu Achab » étouffé entre un banjo lointain et la contrebasse oppressante d’Antoine Belgodere.

Section cuivre rustique (trompette, harmonica, kazoo) pour le morceau de saloon du panda pas très futé « U panda », et pour finir, le naïvement nostalgique « Caru frattellu », juste une chanson pour tous les nôtres qui ne sont pas là, « Et le vent d’ouest joue des mâts dans le port, et tu es à mes cotés… ».

L’hiver approchait. Nous aussi…

Télémaque.